Elaborer un projet de radio en milieu scolaire

 

Ce document, rédigé par Eric Lucas, s'adresse à tous ceux qui souhaitent lancer une radio ou une activité radio en milieu scolaire, mais peut aussi être utile pour tout autre projet de radio associative. Le CLEMI fera paraître dans les mois prochains un ouvrage sur la radio et le milieu scolaire qui intègrera entre autres des informations comme celles-ci. Nous vous informerons sur ce site de la sortie de cet ouvrage.

Avertissement : ce texte comporte plus de 25 pages. Merci à ceux qui l'utiliseront de nous le faire savoir (pour nous contacter : envoyer un courriel à freqsille@aol.com)


La conviction de l’intérêt de travailler en production sonore peut conduire à l’intention de mettre en place toutes les conditions matérielles pour s’y adonner avec les élèves dans les meilleures conditions.

Une réflexion préalable nécessaire.

L’équipe enseignante doit clairement définir ses ambitions. Il est évident que les contraintes administratives, pédagogiques, techniques et donc financières devront être analysées en fonction de l’ampleur du projet. Il ne faut pas oublier que l’objectif essentiel est de mettre l’élève en situation de producteur, d’acteur. La diffusion, par quelque canal que ce soit, est un élement de valorisation de la production et agit donc sur l’effort qualitatif qui sera fourni. C’est la diffusion qui fait sortir l’élève de la relation de travail traditionnelle prof-élève et joue comme outil démultiplicateur de motivation. Ce souci de trouver une solution pour la diffusion est donc majeur pour que le travail de production sonore prenne un maximum de relief et ne se réduise pas, malgré tout l’intérêt déja, à un exercice purement scolaire. On n’imaginerait pas un journal scolaire qui ne serait pas un minimum diffusé, ni une création vidéo qui ne serait pas projetée à un quelconque public.Il en va de même pour la production sonore.

Premiers pas dans la production

Si on se donne pour objectif de produire une émission ponctuelle, il sera raisonnable de limiter les investissements qui ne pourraient pas être rentabilisés. On pourra alors travailler sur les spécificités du support radiophonique, prendre contact avec une radio du milieu local, la visiter ou faire venir un représentant de la station qui pourra assister l’équipe de production. Le format d’émission ayant été adopté, les élèves pourront se mettre au travail sur les thèmes retenus, les angles d’attaque, l’illustration musicale souhaitée, le rythme d’animation et l’habillage. Le conducteur sera établi . A ce stade il sera sans doute utile de faire intervenir à nouveau en classe le représentant de la radio pour une lecture et une écoute critique du travail réalisé. A la lumière des conseils apportés, tant sur l’écriture que sur les atouts ou contraintes techniques à ne pas négliger, les élèves pourront retravailler leurs écrits, restructurer et affiner leur conducteur. De plus la radio pourra peut-être fournir le disque manquant, le magnétophone ou le micro pour réaliser des essais. Quand le travail sera prêt, il y aura trois possibilités: l’enregistrement au studio de production de la radio, ce qui permettra de s’adjoindre un technicien, la réalisation de l’émission en direct, la réalisation dans l’école et remise de l’émission à la station. Chaque formule a ses avantages évidents. C’est souvent la radio qui déterminera les conditions en fonction de son format ou de ses habitudes et exigences de travail ou de qualité. Il est clair que si l’opération est exceptionnelle, on s’orientera plutôt vers les deux premières solutions : en effet le coût de production sera quasiment nul.

Si par contre un accord a été passé avec une radio pour une production régulière (par exemple mensuelle), il sera judicieux de procéder comme on l’a expliqué précédemment pour la première émission puis de se donner les moyens de produire sur place, ce qui apportera des gains de temps, et surtout une maîtrise totale y compris technique du processus de production. Par contre il est possible que si les élèves ont " touché " déja au direct, ils feront pression pour recommencer.

Quel équipement pour une production sonore?

Comme il est peu probable que l’établissement pourra affecter un espace spécifique à des productions sonores épisodiques, la meilleure solution est de réaliser un meuble sur grosses roulettes qui pourra être déplacé de classe en classe, même si pour les enregistrements définitifs on prendra garde de se réserver une pièce aux qualités acoustiques correctes. Un plafond bas, de la moquette, du tissu mural limiteront l’effet d’écho.On s’abritera des bruits parasites de la rue, de la cour, du hall....

Le meuble sera équipé d’appareils qui resteront toujours connectés entre eux de la même façon: deux platines-CD, une platine magnétophone, au moins deux micros de bonne qualité (quatre semble un nombre plus adapté), des pieds de table pour les micros. Ils seront connectés à une table de mixage qui comptera au moins trois entrées " line ", et deux entrées micro (davantage ne nuit pas) et deux sorties, l’une pour le magnétophone enregistreur, l’autre pour le retour qui pourra être un ampli avec haut-parleur ou un simple radio-K7 de récupération. Le coût de cet équipement neuf oscillera entre 6000 F et 8000 F, mais en récupérant du matériel deci, delà on peut faire mieux.

Pour améliorer le travail, un magnétophone de reportage, un équipement d’utilisation de Mini-Disque numérique ou un ordinateur, l’achat de quelques disques musicaux pourront apporter un complément de confort et de diversification intéressant. Nous en reparlerons plus loin.

Diffuser sa production à l’intérieur de l’établissement.

Cette installation ne pose pas de problèmes techniques particuliers. Par contre il faut bien réfléchir à l’utilisation que l’on veut en faire. S’agit-il de diffuser un programme seulement pour la pause du midi ? Où seront installés les hauts-parleurs? Qui pourra être gêné par la diffusion de sons ? Qui contrôlera les niveaux sonores ? Fera-t-on de la musique pour créer une ambiance ou ajoutera-t-on des informations sur la vie intérieure de l’établissement? Se comportera-t-on comme une radio et par exemple, y aura-t-il une animation autour de la musique, des informations générales ou locales, des rubriques de service pour la tranche d’âge ciblée ? Diffusera-t-on les productions réalisées dans les classes ? Qui sera responsable ? Des élèves, la vie scolaire, des enseignants, le FSE, d’autres intervenants, une équipe organisée ? Alors organisée comment ? Qui sera présent en émission? Comment se protègera-t-on des dérives, casses, vol ?......... A toutes ces questions, il ne peut y avoir de réponse-type. Chaque établissement doit prendre en compte ses spécificités.

Pour le matériel et le lieu d’implantation on peut s’inspirer des propositions faites précédemment . Le lieu fixe devra être facile d’accès, sécurisé, avec un baie vitrée pour garder un contact avec l’extérieur et il faudra pour sa dimension déterminer s’il sera uniquement dédié à la diffusion d’émissions d’animation en direct ou à des travaux de classes sur le son, auquel cas il faudra déterminer si le travail sera fait en groupes ou en classes entières. L’emplacement de l’ampli qui commande les hauts-parleurs est à définir: directement au studio, dans ce cas bien repérer les niveaux pour ne pas risquer de ne pas être entendu, ou pire, d’indisposer d’autres membres de la communauté scolaire, ou bien par exemple à la vie scolaire. On choisira des hauts-parleurs de bonne qualité, type HiFi. Toute la liaison sera opérée par des câbles.

Diffuser sa production à l’extérieur de l’établissement.

Nous avons déjà évoqué l’hypothèse d’un partenariat avec une radio locale. Mais il est possible aussi de solliciter du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel une autorisation provisoire d’exploitation d’une fréquence hertzienne. Il suffit de demander un dossier au Comité Technique Radiophonique (service du CSA) de la région et de le compléter. Il faut fournir entre autres, l’identité de l’opérateur, la nature du programme envisagé, le lieu d’implantation de l’émetteur, le descriptif du matériel d’émission (émetteur, antenne), l’altitude, la carte IGN du secteur. Il faut déposer le dossier trois mois au moins avant le début prévu d’émission. La fréquence attribuée sera affectée d’une petite puissance (50 watts) qui permettra de couvrir une zone réduite, correspondant sans problème à la zone de recrutement d’une école primaire et souvent même, selon le relief, à celle de recrutement d’un collège. Pour le matériel d’émission, on peut contacter une radio du secteur qui louera ou prêtera un équipement, ou donnera les coordonnées d’une radio en disposant. Si l’on veut se garder de la gestion des problèmes techniques, il peut être interessant de passer un contrat de prestation avec une radio qui déléguera du personnel, ou avec des organismes spécialisés dans la radio provisoire ou itinérante comme les Francas. La meilleure période pour mener une telle opération se situe entre Mars et Juin, car les élèves ont été initiés, mobilisés, ont eu le temps de travailler sur la notion de grille de programmation et il est possible d’enrichir l’animation en direct des productions diverses stockées pendant l’année. Les dates exactes, la durée d’émission sont précisées dans la convention avec le CSA. Une durée de quinze jours semble une période satisfaisante.

La diffusion permanente, la radio en milieu scolaire

Bien réfléchir

Nous considérerons dans cette partie que la réflexion sur les multiples intérêts pédagogiques de la radio en milieu scolaire a été menée et que la conviction est acquise . Nous nous bornerons donc a présenter un maximum de paramètres pratiques à maîtriser pour aller vers la réussite et l’inscrire dans la durée.

Les initiateurs du projet doivent préalablement bien mesurer les contraintes techniques, financières, administratives, relationnelles qu’il faudra gérer. On ne s’engage pas à la légère dans un tel projet. Il faut avoir une équipe capable d’un fort engagement dans le travail et pour être clair avoir un réel esprit militant. La radio en milieu scolaire a besoin du militant pédagogique, du militant associatif, du militant convaincu de la nécessité d’ouvrir l’école sur son environnement local, humain, culturel, social, économique, du militant du développement local.... Bien sûr tous ces aspects peuvent être fédérés dans un responsable de projet qui pourra tenir la structure à bout de bras, ce qui se passe malheureusement bien souvent dans la plupart des radios en milieu scolaire et qui explique aussi pourquoi certaines ont disparu. La constitution d’une équipe sera donc un élément important. Un stage de formation dans l’établissement s’imposera.

La deuxième étape sera l’inscription de l’action dans le cadre du Projet d’Ecole ou d’Etablissement. La radio à ce niveau pourra se positionner comme action pédagogique à part entière avec ses objectifs propres mais pourra s’insérer aussi comme outil dans d’autres volets du Projet. C’est un bon moyen pour amener d’autres enseignants à s’y interesser et éviter que la vie de la radio ne soit coupée du quotidien de l’établissement.

L’attribution de fréquence, une procédure longue et minutieuse

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel attribue des fréquences pour une durée de cinq ans. En principe, si la radio a respecté son cahier des charges , son autorisation est renouvelée facilement sur présentation d’un dossier simplifié. Par contre pour une première attribution, la procédure peut être longue.

Il est courant qu’une année s’écoule entre le dépôt du dossier et l’autorisation. On a même vu beaucoup plus long. Il faut donc s’armer de patience et travailler avec rigueur. Le candidat doit déjà visualiser ce que sera sa radio. Cette réflexion est bénéfique car elle oblige à se poser les bonnes questions.

Le CSA présente d’abord un plan qui révèle les fréquences disponibles. En effet le nombre de fréquences n’est pas indéfiniment extensible car il faut éviter les brouillages qu’entraînerait une trop grande proximité de fréquences (les radios se " moustachent ") dans un même espace géographique. Chaque fréquence mise en appel à candidature est affectée d’une puissance variant en général de 100 W à 2 Kw en PAR. C’est la Puissance Apparente Rayonnée, c’est à dire la puissance à la sortie des antennes, sachant que celles-ci multiplient la puissance initiale qui est celle de l’émetteur. En petite puissance on aura le droit d’émettre en ville directement, mais au dela il faudra installer un émetteur à l’extérieur de la ville. Dans ce cas, il faudra installer un faisceau hertzien entre le studio et l’émetteur. Ce ne sera pas le même coût. L’investissement de départ passera allègrement de 20 000 F à 70 000 F.

Si le candidat est intéressé par une fréquence affectée d’une puissance non modifiable, il doit demander un dossier au CTR de sa région ou au CSA et respecter les délais de dépôt.

Une première étude du dossier par le CSA permettra de publier la liste des candidatures recevables. Une deuxième étude conduira au choix de l’opérateur. Une troisième étude permettra d’arriver à une convention qui sera signée par le président du CSA et le président de l’association conduisant, après inscription au Journal Officiel, au début des émissions dans un délai maximal de deux mois. Il faut donc apporter le plus grand soin à la constitution du dossier.

Faire son dossier

La partie administrative : c’est tout ce qui concerne le titulaire de la fréquence. Il s’agira d’une association 1901. Trois possibilités s’offrent à l’établissement scolaire: le Foyer-Socio- Educatif, une association-radio spécifique, ou le Foyer-Socio-Educatif avec son département radio dont l’existence est inscrite dans les statuts ainsi que son autonomie comptable. Cette dernière solution semble la meilleure. Tout devra être limpide et correctement déposé en préfecture. On fournit en annexe, les récépissés, les extraits du JO, les statuts, les membres du CA et du bureau, le procès-verbal de décision d’installer une radio, l’extrait de casier judiciaire du président. Le CSA s’intéressera aussi aux membres de l’association et à leur expérience. Il ne faut pas confondre du point de vue juridique l’identité du titulaire et le nom de la radio.

La partie financière: il s’agit d’un prévisionnel...mais on le demande sur trois années. Le Fonds de Soutien à l’Expression Radiophonique est susceptible d’accorder une subvention d’installation de l’ordre de 100 000 F. Il faudra prouver sa capacité à dégager un autofinancement pour démarrer. Le FSE, la Commune, la communauté de communes, quelques crédits pédagogiques, des animations.. peuvent apporter les fonds de départ. En cas d’emprunts, il faudra trouver un cautionnement. Pourtant des investissements sont incontournables : le matériel HF pour la diffusion et le matériel BF pour le studio; difficile de s’en tenir en dessous de 35 000 F, à moins de se faire prêter du matériel par une radio amie et en cas de faisceau hertzien il faudra dépasser globalement 75 000 F. Pour les années suivantes, la radio pourra présenter au printemps un dossier au Fonds de Soutien. La subvention qui lui sera accordée sera en rapport avec son compte de produit. Plus la radio aura dégagé  de recettes y compris le Fonds de Soutien , plus importante sera sa subvention. En 1998, le maximum était de 209 000 F pour une radio qui présentait un compte de produit supérieur à 300 000 F. Avec une gestion énergique et efficace, une radio en milieu scolaire peut espérer atteindre les tranches supérieures en quatre, cinq ans. De plus les radios peuvent obtenir une bonification (aléatoire) si elles démontrent à travers leur grille de programme et leur bilan d’activité qu’elles ont agi dans les domaines éducatifs et culturels, la formation professionnelle, en actions collectives en matière de programme tout en démontrant leur implantation locale. Ces règles d’attribution sont évolutives. Grâce au Fonds de Soutien, la radio peut vivre sans pour autant nager dans l’opulence. Nous verrons les charges ultérieurement.

La partie programmation : après avoir expliqué l’intérêt général du projet, les objectifs de communication de la future station, il faudra présenter et commenter une grille de programme.Il est raisonnable de définir une grille en fonction des moyens humains et financiers réellement à disposition . Il est clair qu’une radio en milieu scolaire ne peut émettre en direct 24 h / 24 . Il lui faut trouver des moyens pour la nuit : programme enregistré sur bande, appareil multi-CD avec gestion informatisée des disques et des identifications, utilisation d’un programme sur disque dur. La solution la plus pratique peut être de passer un contrat avec un fournisseur de programme par satellite. Ainsi, à la fin du programme propre, c’est ce programme venant par satellite qui occupera l’antenne. Le CSA contraint en toute logique à la production d’un programme propre minimal par jour de l’ordre de 4 à 5 heures. Mieux vaut s’engager sur un minimum quitte à faire plus au fur et à mesure, que de s’engager sur une production qu’on ne pourra pas assurer. En terme de radio le quantitatif n’est pas forcément le meilleur ami du qualitatif. De plus, en dehors des programmes propres, il sera possible d’utiliser le studio principal pour des productions ( enregistrement, montage), ce qui permet de patienter avant d’avoir son deuxième studio dédié aux enregistrements. Il faudra fournir le protocole d’accord avec la banque de programme.

La partie technique : il faut décrire le matériel d’émission envisagé, matériel homologué et en rapport avec la puissance de la fréquence demandée. Le conseil d’un technicien d’une autre radio sera utile ou à défaut un devis d’un fournisseur. Le site d’implantation sera présenté. On précisera l’altitude au sol et au sommet du mât d’antenne. On fournira l’accord du propriétaire du bâtiment. Une carte IGN viendra en complément.

Le projet de convention avec le CSA: dans un formulaire-type il reste à spécifier le temps de programme diffusé et de programme propre, de messages publicitaires, le pourcentage de chansons d’expression française (la loi impose un minimum de 40%)

En annexe, il sera utile de faire figurer différents engagements de partenariats locaux pour mettre en valeur l’inscription du projet de radio dans son milieu.

La mise en forme de ce dossier permet au CTR et au CSA de mesurer la fiabilité économique, l’intérêt local, l’originalité, les connaissances et capacités ou simplement la réflexion de l’équipe en matière de communication radiophonique.

Ca y est ! on a la fréquence ! on s’installe !

Les locaux: deux ou tout en un !

Dans le dossier de candidature le lieu d’émission a été spécifié. Il est de préférence en altitude et dégagé: un chateau d’eau par exemple. On peut louer un espace sur un pylone existant. Sinon il est possible de monter un mât jusqu’à une quarantaine de mètres à partir du sol. L’intervention d’un professionnel est nécessaire, ne serait-ce que pour respecter les normes de montage et être couvert en cas d’accident par forte intempérie. L’idéal est bien sûr d’avoir l’antenne au dessus du studio, ce qui évite le lourd investissement en un faisceau hertzien 8,5 Ghz. Mais si l’on est en ville ce ne sera possible que si on respecte une PAR inférieure à 200 W. Au delà il faudra s’installer en dehors de la zone urbaine. Dans ce cas, la radio devra gérer deux lieux : le studio et le site d’émission. Il faut savoir qu’un émetteur au milieu d’habitations peut générer des perturbations radio-électriques sur des téléviseurs du voisinage.

L’aménagement du studio doit être bien pensé. En fonction de ce que l’on veut faire il faut réflechir à sa position dans l’établissement, à la superficie utile, à la façon de la compartimenter.

Un établissement scolaire n’étant pas ouvert toute l’année, il est évident que si le studio se trouve en plein coeur des bâtiments, les questions de responsabilité et de sécurité vont se poser. Qui aura la clé? Quelles personnes étrangères à l’école ou à la radio pourront entrer? Que se passera-t-il en cas de dégradation ou de vol? Ca arrive et en conséquence la tendance actuelle est plutôt au renforcement des sécurités ? Les chefs d’établissement ne peuvent pas être enthousiastes à l’idée d’un va et vient incontrôlable dans un établissement quasi désert. Donc dans ce cas la parade pour continuer à assurer un programme propre est la règle d’un accès hyper-limité et l’exploitation de moyens de diffusion automatisés. Il est donc plus judicieux dès le départ de choisir un espace au rez-de -chaussée ayant un accès indépendant par l’extérieur. Ainsi les congés scolaires ne posent plus de problème.

Il est prudent de prévoir le plus grand espace possible, car la radio est vouée à une croissance certaine. Si les effectifs de l’établissement le permettent, on s’octroie une salle de classe entière. Dans le cas inverse il faudra être convaincant pour obtenir le plus de surface possible. En dessous de 12 m2 pas de vie possible. Comme il est certain qu’on étouffera vite dans cet espace, le bon truc consiste à repérer déjà les possibilités d’extensions mitoyennes. Si la radio a bien fait ses preuves la négociation sera favorisée.

Dans un espace réduit les possibilités d’aménagement sont, elles aussi, réduites: une petite régie, un petit studio, la séparation entre les deux n’étant pas forcément nécessaire. En effet, on peut prévoir le cas où l’animateur est en même temps le technicien et qu’il dialogue avec un invité. La vitre est alors un obstacle à la convivialité. Cependant la séparation vitrée isole le studio de tous les bruits de régie: manipulations de disques, bruits des appareils, conversations.

Si on dispose d’un large espace on réservera au moins quatre compartiments: la régie technique, le studio qui ne servira que pour les animations au micro, une salle de rédaction, de documentation, pour les outils de reportage et informatiques et un petit studio de montage et enregistrement. Dans le cadre scolaire le studio devra être suffisamment vaste pour accueillir une classe entière avec au moins cinq micros et la place pour le public. Il faudra prendre garde à l’isoler de toutes les perturbations sonores extérieures (couloir, cour, hall, rue.....). On gagnera en acoustique en utilisant des tissus muraux, de la moquette et du bois. La circulation entre les compartiments doit être bien pensée.

Le matériel..... en régie

La configuration dépend de l’espace, des finances et du format de radio. En régie la pièce maîtresse est la table de mixage. L’idéal est la vraie console radio. Malheureusement, en neuf, il faut débourser au minimum 40 000 F. Alors on peut se contenter d’une table de mixage d’animation comprenant une dizaine d’entrées line/micro, une sortie pour l’antenne, une autre pour l’enregistrement. Une seconde table peut accueillir tous les micros du studio et être connectée à la table principale. L’investissement dans ce cas peut se situer entre 8000 et 20 000 F. Cet équipement moins souple en utilisation, plus fragile donne cependant accès de façon satisfaisante à toutes les fonctionnalités nécessaires.

On doit connecter à la table de mixage suffisamment d’appareils pour diversifier les sources sonores et faire des enchaînements de sons stockés sur des supports du même type. Le choix des supports qu’on utilisera guidera donc la configuration: pour la musique, seulement les CD et pour les sons de reportages et les productions diverses, les cassettes-audio, les bandes magnétiques, les Mini-Disques numériques, les CD enregistrables, les cassettes DAT, le disque dur d’un ordinateur. Il faut au moins deux platines-CD, une troisième n’étant pas un luxe, deux platines double-K7, une pour lire, l’autre pour enregistrer, deux lecteurs MD de salon ou un lecteur et un ordinateur sur lequel on fera tourner l’habillage d’antenne (génériques, virgules, fonds sonores de rubriques, identifications, jingles divers, messages d’autopromotion d’antenne, etc....). Un micro en régie sur bras articulé est indispensable. Un insert permet de réaliser des entretiens téléphoniques à l’antenne. A moins de 15 000 F on peut disposer de tous ces périphériques de la console de mixage.

Le matériel..... en studio

On ne doit pas faire d’économie sur la qualité des micros au risque d’être très déçu et d’indisposer l’auditeur. Un budget minimal de 700 F par micro s’impose, si possible tous du même modèle et en quantité suffisante (au moins 5). Il faut les pieds et autant de casques qui seront choisis pour leur acoustique et leur confort (les 6èmes ont des petites têtes). La table doit être très stable, assez large pour poser des documents et sa surface doit absorber les bruits (moquette). Une horloge très précise, par exemple radio-pilotée, une lampe rouge reliée à la table de mixage pour signaler l’ouverture des micros et un bon retour d’antenne sont indispensables. A moins de 6000 F on peut s’installer convenablement.

Le matériel ....en montage

Le débat reste ouvert et vif entre les partisans du montage sur bandes magnétiques et les partisans du montage numérique. Deux générations s’opposent. Pédagogiquement la bande garde l’avantage de la qualité de son et du tactile. Mais, aujourd’hui une configuration informatique performante avec un logiciel comme Quartz Audio, Cool Edit Pro, Wavelab, Soundforge,   qui permet le travail en multi-pistes constitue un outil souple et rapide qui de plus revient moins cher à l’investissement et au fonctionnement. L’avenir est à l’audio-numérique, d’autant plus que les capacités des disques durs, la compression, les graveurs CD, la compatibilité avec les CD, les CD-ROM, les MD, Internet, ouvrent d’énormes possibilités d’acquisition de sons, de montages, de mixages, de créations d’effets, de stockage, de diffusions manuelles et automatiques. Il faut mettre ces outils de l’avenir à disposition des élèves. A moins de 20 000 F on a une unité de montage performante.

Dans un petit studio annexe, une table de mixage à cinq entrées et une sortie pour l’enregistrement, deux platines-CD et deux magnétophones auxquels on pourra ajouter provisoirement un appareil de reportage, deux ou trois micros, un ampli et des hauts parleurs de récupération.. suffiront pour enregistrer des modules sonores, faire des montages simples, dupliquer, mener des activités en ateliers individualisés.... Si on s’équipe en matériel neuf, on peut prévoir autour de 6 000 F.

 

Le matériel..... en reportage

Il peut être intéressant de disposer de plusieurs baladeurs-enregistreurs K7 si possible équipés de micros extérieurs. Comme c’est peu encombrant, simple et économique, on peut en avoir plusieurs à mettre à la disposition des jeunes reporters. Les magnétophones K7 de reportage Marantz sont des outils de bien meilleure qualité mais onéreux. Par contre les baladeurs-enregistreurs MD devenus moins chers sont sans doute l’idéal en terme de rapport " coût-qualité sonore-maniabilité ". Les magnétophones à bandes sont introuvables ou inabordables comme le célébrissime Nagra des professionnels. Le prix d’une unité de reportage selon le type ira de 600 F à 2500 F.

La musique:

Il est difficile, voire impossible, de recevoir les productions des grandes maisons de disques sans immobiliser un emploi sur cette mission. Quelques rares labels, plutôt spécialisés, sont prêts à collaborer avec les radios associatives. Il est donc malheureusement clair qu’il faudra se procurer les disques autrement. Les animateurs, adultes ou enfants, peuvent apporter leurs disques: ce n’est plus la radio qui maîtrise sa coloration musicale et gare au vol ! On peut acheter les disques qui vont constituer le fonds : les standards, disques musicaux variés, les genres considérés indispensables par la radio mais que personne n’apportera. En milieu scolaire les élèves ne comprendraient pas ne pas avoir à disposition les succès de variété du moment. Les CD 2 titres représentent un coût moindre. Il ne faut pas oublier qu’un abonnement individuel en médiathèque donne accès à une immense banque sonore. Si on travaille sur disque dur, ce qui représente un investissement de départ, on aura par contre l’avantage de pouvoir stocker ses disques, ceux des copains et de revendre rapidement en occasion ceux qu’on aura achetés. Ca se calcule!!

Il est de la responsabilité de l’équipe pédagogique de faire une sensibilisation aux notions de genre musical, de programmation réfléchie, d’enchaînements cohérents donc de conducteur, de play-list et de bien faire comprendre que le programme radio est destiné à des auditeurs et pas seulement au plaisir égoiste de l’animateur. La loi impose au moins 40% d’oeuvres francophones dont une part pour les jeunes talents.

Le gros problème des disques est de trouver le moins mauvais système de protection contre le vol.

L’information:

La plus grande richesse pédagogique de la radio en milieu scolaire se situe sans nul doute dans le travail sur l’information. C’est dans le traitement de l’information, autant générale que locale, que l’élève ouvrira sa curiosité, enrichira sa culture, lira, cherchera à comprendre, exercera son aptitude à la synthèse ou à la reformulation, écrira, s’exprimera, mesurera le poids des mots, communiquera avec des adultes de tous milieux, avancera dans la citoyenneté et confortera sa personnalité.

Les sources d’information locale sont évidentes: la presse quotidienne régionale et l’hebdomadaire local. Un intérêt de la radio en tant que médium est de pouvoir donner les informations avant la presse écrite. Pour celà il est utile de réaliser un important mailing en direction des associations, collectivités, institutions, pouvoirs publics, lieux et organismes d’animations sportives et culturelles pour se faire connaître et recevoir leurs informations en première main. Les élèves peuvent être sensibilisés à une certaine vigilance à ce qui ce passe sur leur commune afin de faire remonter des " tuyaux " utiles. Un agenda, un tableau, une banque de données sur ordinateur, des casiers ou chemises de classement faciliteront le travail. Il y a un véritable travail de secrétariat de rédaction à mener. Un fax et une ou deux lignes téléphoniques (antenne et secrétariat) s’imposent. Tout celà ne peut être que de la responsabilité d’adultes de l’encadrement.

Les sources d’informations générales relèvent de choix dictés par le budget, les intentions pédagogiques et le format de radio.

La presse régionale donne l’essentiel. La presse nationale est souvent disponible au CDI. Les journaux pour jeunes comme " Mon Quotidien ", " Le Journal des Enfants ", " Les clés de l’actualité " sont de bons outils mais plus adaptés à un traitement en rubrique ou magazine qu’en flash ou journal d’informations " chaudes ".

Le Télétexte, France-Info, les chaînes d’info comme LCI, donnent accès à des nouvelles fraîches. Des services de dépêches ou d’infos en ligne sur minitel ou sur Internet sont pédagogiquement plus intéressants.

L’outil le plus extraordinaire par sa richesse informative au plus près de l’événement et par sa facilité d’utilisation est le service de dépêches de l’AFP reçu par satellite sur ordinateur géré par le logiciel AFP Micro-Select. Autour de 600 dépêches par jour, un stockage en mémoire sur plusieurs jours, la recherche thématique ou géographique, la mise en impression automatique selon des mots en " alerte ".... c’est le seul outil qui permette de vivre comme une rédaction, de traiter l’information en première main, de suivre un événement d’heure en heure.... bref, de passer avant la presse écrite et le journal télévisé, ce qui est non seulement excitant et motivant autant pour les élèves que pour les adultes mais donne surtout bien à la radio cette identité de diffuseur d’informations le plus rapide. Le coût d’abonnement à ce service même assorti de conditions privilégiées au titre d’établissement scolaire reste seulement abordable aux radios disposant d’un budget adapté. A ce jour, seule Fréquence-Sillé s’est lancée dans cette aventure.

On est installé ! on fait des émissions

Une grille de programmation

Aucune radio sérieuse ne peut se permettre d’avancer, au hasard, dans le temps. La grille est indispensable.. Elle doit être stabilisée le plus tôt possible dans l’année et rénovée au moins partiellement à chaque rentrée. Elle doit mettre en adéquation les intentions de la radio (ce qu’on pourrait appeler la ligne rédactionnelle) et les disponibilités des élèves, de l’encadrement, des locaux et des équipements. De plus elle doit prendre en compte les auditeurs ciblés et donc leur mode de vie.

Toute radio dira que les tranches les plus importantes sont le matin entre 7 heures et 9 heures, le soir après 17 heures et le matin en Week-End. Ce sont donc des moments où les élèves sont absents de l’établissement scolaire. La radio doit alors choisir d’y développer les informations locales et de service. L’animation sera menée par des permanents ou des bénévoles éventuellement extérieurs à l’établissement. Par contre comme les élèves sont chez eux, ils deviennent alors auditeurs. Grâce à l’enregistrement il est possible de diffuser des modules sonores réalisés par eux en journée. C’est valorisant et ça manifeste la double identité de la radio. Si il n’y a pas de personnel disponible on peut avoir recours à des moyens automatisés de programmation et diffusion.

Sur le temps scolaire, des pratiques diverses existent. Certaines radios ne laissent accès aux élèves qu’à la pause de la mi-journée pour un programme récréatif intégrant quelques communiqués, rubriques ou informations. D’autres accueillent des élèves, sans interruption, sur leurs heures de liberté dans l’emploi du temps. A chaque heure, il est capital que celui qui entre dans la radio sache ce qu’il va y faire. Il est nécessaire que l’équipe d’encadrement identifie bien ses groupes et qu’elle maîtrise bien les contraintes de forme et de contenu définis. En effet une grille de programme est un outil de fonctionnement interne mais est surtout un guide pour l’auditeur qui doit retrouver des marques. Il faut la concevoir comme une sorte de contrat. On établira une grille avec des rendez-vous hebdomadaires, quotidiens, répétitifs et réguliers sur une journée. On établira les critères qui justifieront toute transformation de grille: évènement particulier dans l’actualité, émissions ou journées spéciales ou thématiques, partenariat, etc...

Des émissions

On appellera émission, toute tranche temporelle prenant son unité soit dans l’identité de l’équipe d’animation, soit dans la thématique. En ce sens on pourra aussi bien parler d’émission pour un module de quelques minutes que pour une demi-journée. En milieu scolaire il faudra se méfier des émissions trop longues : quantitatif va rarement longtemps de pair avec qualitatif, risque de " tunnel indigeste " pour l’auditeur, préparation nécessaire trop lourde, usure des animateurs, difficultés pour renouveler les contenus, risque de voir la contrainte et la routine supplanter l’enthousiasme et la créativité….

On distinguera plusieurs formes d’émissions :

celles qui sont dans la grille de la station, donc " contractuelles avec l’auditeur " et assumées par des équipes variables qui s’adaptent aux contraintes définies

celles qui sont prises en charge volontairement sur un cadre proposé ou sur initiative propre par un élève ou un groupe d’élèves

celles qui résultent d’une utilisation de la radio dans le cadre de la classe et dont la fréquence sera déterminée par le professeur ou la classe.

celles qui sont enregistrées en studio annexe pour une multi-diffusion sur la journée, la semaine ou l’année.

celles qui seront prises totalement en charge par le personnel de la radio

celles qui pourront être prises en charge par des personnes extérieures à l’établissement.

des productions extérieures (achat ou échanges de programmes)

Dans la réalité, il apparaît que ces formes s’entrecroisent souvent au profit d’émissions composites.

Concevoir une émission

Il peut paraître simple de faire de la radio si on se contente d’enchaîner des disques. Ca peut constituer un point de départ mais du point de vue pédagogique, l’intérêt est limité même si ça peut permettre de " s’éclater " ! De plus, on peut vite se fatiguer à cet exercice pauvre en imagination et en personnalité. On ressent vite le besoin ou le désir de faire quelque chose de différent des autres animateurs ou des autres radios... Indépendamment du format on pourrait recenser sept grandes familles d’émissions :

les émissions musicales

les émissions thématiques et culturelles

les émissions d’information locale

les émissions d’informations générales

les émissions " milieu scolaire "

les émissions générales de convivialité ou interactives

les créations originales, les émissions inclassables

Avant d’arriver à la mise en onde d’une émission, il faut clairement en établir le conducteur-type. Ce document est un outil de travail indispensable. Il sécurise au moment de la préparation de l’émission, crée des automatismes entre le technicien et l’animateur, il permet aussi, après la réalisation, de comparer ce que l’émission a été avec ce qu’elle aurait dû être et donc de concevoir des améliorations. Mais évidemment, avant de se lancer dans l’élaboration du conducteur, il aura fallu :

trouver une idée de thème ou de contenu

choisir une forme

déterminer la couleur qu’on donnera par le ton, le rythme et l’environnement sonore.

Les lignes qui suivent n’ont pas pour vocation de présenter un catalogue exhaustif mais d’apporter un modeste soutien à la réflexion du radioteur ou –bonjour l’empoigne !- du groupe de radioteurs en face de la feuille blanche.

Trouver des idées : quelques pistes… en vrac !

Emissions musicales :

Les disques seront l’élément essentiel. On peut réaliser un programme généraliste en choisissant soit l’harmonie soit au contraire les successions paradoxales.

Les émissions peuvent s’organiser autour de thématiques musicales : chanson française avec toutes ses tendances, chansons anciennes, périodes comme les années 60, chanson régionale,  jazz, musique classique, musiques du monde (tropiques, Afrique, latino-américaines, européennes…..), folk, accordéon, country, reggae, raï, rock, hard-rock, rock alternatif, pop, soul-music, rythm and blues, rap, ragga-muffin, hip-hop, techno, standards français ou internationaux, opéra, comédies musicales, musiques de films, crooners, blues, gospel, les nouveautés, les albums-live, les " face B ", les musiques d’ambiance, les musiques de discothèques, les imports , les locaux ou sa propre musique, etc……

Pour la plupart des genres, des entrées spécialisées de programmation et d’animation pourront donner une cohérence à l’émission: un artiste, un thème, un style, une période, un compositeur, un instrument, un contenu de textes, des enregistrements comparés, etc…

La présentation bien documentée d’un interprète, la présentation commentée d’un album, un montage musical autour d’un thème ou d’une histoire, des jeux comme l’introduction musicale, le mot à trouver, le disque à la mauvaise vitesse, le titre à trouver à travers des indices ou à l’inverse la programmation qui permet de résoudre une énigme, voilà quelques formules largement répandues mais qui donnent toujours à l’auditeur l’impression qu’on s’occupe de lui.

Emissions thématiques

Un réservoir illimité : agriculture, artistes locaux, les associations, cinéma, vie départementale, consommation, activités professionnelles, gastronomie, écologie, environnement, histoire, pays, biographies, libre expression, humour, dérision, économie, voyages, loisirs, tourisme, automobile, sports, témoignages des " anciens ", littérature, bande dessinée, médias, technologies, jardinage, bricolage, culture des minorités, droits de l’homme, solidarités, culture locale, patrimoine, religions, thèmes d’actualités générales, éducation, actualités scientifiques, jeux radiophoniques, mise en onde de textes littéraires, théâtre radiophonique, pêche, informatique, mode, animaux,….Est-il vraiment nécessaire de rappeler les " classiques " du quotidien : météo, anniversaires, éphéméride, prénom du jour, horoscope, programmes des cinémas, des spectacles, des animations, de la télévision, en information brute, commentée ou en critique….

Emissions d’information locale

C’est là que se joue le rôle de communication sociale de proximité et la reconnaissance d’utilité par le milieu : la parole aux associations, leurs communiqués, les informations municipales, du Conseil Général, des organismes départementaux, les animations locales en annonce ou en reportage, les offres d’emploi, la vie économique et sociale, l’évolution du commerce et de l’artisanat, la vie sportive à travers des résultats, des reportages, des interviews, des brèves, les annonces et reportages sur la vie culturelle locale, les artistes locaux, les liens avec les salles de spectacles, les cabarets, les discothèques, liens avec les villes jumelées, les enregistrements et rediffusions de spectacles ou réunions, la diffusion en direct extérieur de grandes manifestations publiques, l’organisation de débats, la valorisation du développement local…..et on n’oubliera pas les petites infos pratiques comme la météo locale, les difficultés de circulation, les coupures de courant, les permanences décentralisées de services et surtout l’assistance à la population en cas de situation exceptionnelle (neige, verglas, tempête, inondations…). Dans sa convention avec le CSA, la radio s’est d’ailleurs engagée à mettre ses moyens au service de la sécurité civile en cas de catastrophe. Quant aux faits divers, il sera prudent de renoncer à leur traitement s’ils ont un caractère essentiellement privé ou de les traiter avec toutes les précautions que requièrent la morale, la protection des personnes et la déontologie s’ils ont des conséquences publiques.

Emissions " milieu scolaire " :

La radio peut se faire l’écho de la vie de la communauté scolaire et favoriser la communication externe: informations de l’administration vers les familles, annonce de réunions, conseils de classe, communication des parents d’élèves, activités du Foyer socio-éducatif, de l’association sportive, information sur l’orientation, sur la vie des classes, commentaires sur les sorties scolaires, correspondance sonore avec les partenaires étrangers, liaisons régulières avec les classes transplantées, entretiens avec des professeurs sur des domaines de leur compétence, actualité de l’éducation, aide pour le travail à la maison, informations de service pour les jeunes, les nouveautés au CDI, promotion des droits de l’enfant, expression collégienne et lycéenne sur des faits d’actualité, sur leur environnement, sur leur vie, leurs loisirs, leurs passions, leurs coups de gueule, leurs coups de cœur, accueil à l’antenne de classes d’établissements voisins pour présenter leurs émissions……

On inclura dans cette catégorie toutes les productions résultant d’un travail défini en classe et finalisé par une diffusion à l’antenne : mise en onde de nouvelles, de romans, de créations originales, lectures suivies, exposés sur des sujets historiques, scientifiques, géographiques, travaux sur l’actualité, débats, forums, réceptions d’invités autour d’un thème, chroniques, magazines……

Emissions générales de convivialité ou interactives

Il s’agit d’émissions à intervenants multiples, animateurs, invités, auditeurs. Il peuvent être réunis en studio ou par le téléphone. Le conducteur est évidemment complexe et fondamental puisqu’il détermine l’ordre, la durée, l’identité des intervenants. L’animateur-relanceur et le technicien doivent bien le maîtriser. Ces émissions automatiquement longues intègrent des rubriques, des chroniques, des papiers, des enregistrements, des interviews….et on peut donc y retrouver n’importe quel patchwork de thèmes parmi tous ceux suggérés précédemment. C’est une formule très " digeste " pour l’auditeur et la qualité vient pour beaucoup de la convivialité du ton et de l’authenticité du direct. Du classique " talk-show " à la ligne ouverte aux auditeurs, une large palette peut être explorée.

Les créations originales, les émissions inclassables.

Il ne faudrait pas se contenter de s’approprier les formules qui ont fait leurs preuves. Un peu moins prisonnière de son auditorat, la radio en milieu scolaire, sans doute plus que toute autre, devrait laisser de l’espace à l’originalité, à la prise de risque. L’expression par le son, par la radio ne pourrait-elle parfois accéder au rang d’" art " au même titre que le cinéma ?

Déterminer une forme

Il sera utile de se poser quelques questions :

Quand ? L’émission sera-t-elle totalement en direct ou enregistrée ? Si elle est en direct, inclura-t-elle aussi des modules préenregistrés ? Sera-t-elle rediffusée ? Dans ce dernier cas il faudra éviter toute référence temporelle.

L’émission sera-t-elle quotidienne, hebdomadaire, mensuelle, magazine, en alternance, exceptionnelle ?

Avec qui ? L’émission sera-t-elle sans parole ? préparée et animée par une seule personne, une équipe, concue par une personne et animée par une autre, animée par rotation, assurée par un technicien qui enchaînera des modules préenregistrés ?

Y aura-t-il une voix ou plusieurs ? Entre elles y aura-t-il dialogue ? Dans ce cas il faut bien se coordonner. S’il y a un intervenant extérieur sera-t-il reçu en studio, en public, par téléphone ? Qui se chargera des contacts ? Prendra-t-on en compte des appels d’auditeurs ? A l’antenne ou hors antenne ?

Pour qui ? Qui, en fonction de l’heure de diffusion et du thème sera intéressé ou fuira ? A qui va-t-on parler ? des camarades, des parents, des jeunes, des vieux, des gens cultivés, une catégorie professionnelle, tout public… ?

Comment ? Quel niveau de langage, quel vocabulaire, quelle forme de diction, quel ton seront les mieux adaptés ?

Pour rendre l’ensemble digeste pour l’auditeur, comment bien répartir les temps de parole, de musique, comment rythmer les enchaînements, exploiter au mieux l’habillage, comment conserver un fil logique ?

Quelles sources vont me permettre d’alimenter mon émission ?

Quelles difficultés peuvent être envisagées ?

C) Les petits " plus " qui en feront une vraie émission de radio

Choisir un bon titre :

C’est souvent une galère….surtout si la recherche est collective ! Néanmoins pour l’auditeur c’est une balise. Il peut donner une indication sur le contenu (Mécanic Magazine), sur l’animateur (Barbier de nuit), révéler un esprit (Gremlin’s infos), être suggestif (Les fruits de la passion), être explicite ( Histoires de stars), préciser le rendez-vous (les conteurs du Vendredi), être un élément se rapportant à un ensemble (Blue Note), évoquer une période (Les Baby-Boomers), prendre le nom d’une chanson-générique (Qu’est-ce qu’on attend pour faire la fête ?), s’inspirer d’une expression indiquant l’esprit (Sous les pavés la plage), d’expressions locales (Salut les Queniaux), être une synthèse en un mot (Identités), clair et sobre (Magazine des droits de l’homme), général (Direct-infos), résulter d’un néologisme (le Kikitrouve), ou être n’importe quoi pourvu que ça surprenne (Du fasing dans la rillette). Il faut éviter de reprendre des titres existants.

Choisir un bon générique :

C’est souvent une galère….surtout si la recherche est collective ! Néanmoins pour l’auditeur c’est aussi une balise. On a intérêt à l’aimer. On devra le supporter pour toutes les émissions. S’ il est chanté, il sera difficile de parler dessus, s’il est instrumental il sera plus facile à exploiter. On peut suggérer quelques pistes : un morceau musical tellement neutre qu’il n’écrasera pas l’introduction parlée, un morceau musical qui donnera une indication sur le contenu, une chanson en rapport avec le thème, un montage d’extraits de chansons ou de musiques, un montage parlé, rien, tout passant alors par la parole de l’animateur faisant l’introduction ( c’est un peu risqué !). Par précaution, afin d’être sûr d’être prêt, surtout en équipe, on choisira un générique assez long qu’on pourra toujours shunter à volonté.

Comment optimiser l’expression orale et l’efficacité de transmission du message ?

Quelques règles élémentaires à respecter :

           Je ne gêne pas mes camarades qui sont en train de parler 

J’ai toujours avec moi le conducteur de l’émission, le papier à lire ou quelques notes

J’écris mon papier en gros caractères et j’évite les ratures

Je n’écris qu’en recto pour éviter d’avoir à tourner des feuilles

Je prépare bien mon texte pour éviter de buter ou dire une énormité : je me le " mets bien en bouche "

Quand je ne suis pas sûr de ma prononciation, je demande conseil.

Je lis mon papier au moins une fois à voix haute avant de passer à l’antenne

Si je ne suis pas le réalisateur, j’accepte les consignes et les signes du responsable d’émission ou du technicien

Je communique par gestes (je connais donc le code) ou par la pré-écoute, mais en aucun cas je ne crie ; de l’autre côté de la vitre on ne m’entend pas.

Je garde le casque sur la tête même si c’est inconfortable

Je me mets bien à l’aise, droit sur ma chaise, thorax bien ouvert

Je reste à une dizaine de centimètres du micro

Je reste face au micro, je ne tourne pas la tête à droite à gauche, mais je me penche pour faire le tour du micro.

Je parle distinctement en faisant des efforts pour articuler

Je ne parle pas trop vite

Je ne parle pas trop lentement

Je cherche à donner l’impression à l’auditeur que je ne suis pas en train de lire

J’évite les " blancs "

Je parle à mon tour et surtout pas en même temps que mon voisin

Je ne montre pas , l’auditeur ne voit pas

Je ne parle pas seul trop longtemps (éviter de dépasser 1mn30)

Je ne lis pas des textes interminables, sauf si je sais parfaitement faire varier ma voix

J’évite de m’empêtrer dans des phrases sans fin

Quand c’est possible, je mets toujours un mot simple à la place d’un mot compliqué

J’évite les mots trop difficiles à articuler

J’évite de donner trop de chiffres compliqués ou inutiles

          J’évite les enchaînements trop secs, trop " cut "

Je combats mes tics de langage ( " euh ", " donc ", " et bien ", " bon ")

Je surveille l’horloge et la lumière rouge d’ouverture des micros

Je ne touche jamais au micro

Je ne triture pas mon papier, ni ne tourne de pages ; ça s’entend à l’antenne.

Je pense que j’ai toujours au moins un auditeur ; je le respecte

J’ai conscience qu’il ne manquera pas de remarquer toute erreur de ma part : il pourra gentiment en sourire, en être agacé, irrité, voire choqué. Dans tous les cas, l’image de la radio en prend un coup.

J’adapte mon langage au public ciblé

Je me demande toujours si ce que je dis peut intéresser ou distraire l’auditeur

Je peux avoir une idée de la portée de mon animation par les réactions du technicien, de mes complices ou du public s’il existe.

J’accepte les conseils et les critiques des gens plus expérimentés

J’enregistre mon émission, je la réécoute, j’apprécie mon travail, je vois ce que je dois corriger.

J’ai le courage d’accepter les limites de mes possibilités à un moment donné : mieux vaut pour moi, pour la radio et surtout pour l’auditeur, une animation simple bien faite qu’une animation trop compliquée ratée, même partiellement. Si je me fais plaisir en participant à une émission, si je me sens content de moi, l’auditeur le ressentira. La communication, alors, passera bien.

Quel habillage ? 

On a souvent tendance à penser que la radio est un vecteur d'information moins riche, moins efficace que la télévision, dans la mesure où à défaut d'images, le message ne passe que par le son. Mais cette spécificité est aussi sa force. Parce qu'elle ne présente pas le visuel comme la réalité ou son apparence, la radio est capable de laisser à l'auditeur un espace de liberté dans lequel par la stimulation de son imagination, par son ressenti, par sa disponibilité affective ou intellectuelle, il se créera des images virtuelles ou alors sera disponible pour appréhender le " poids des mots et des sons ". Pour " donner à voir " le réalisateur radio doit composer un univers sonore dans lequel les mots, le discours ne sont que la composante la plus directement perceptible. Le reste qui ne sera pas écouté, mais souvent seulement entendu, sera très important.

Pour composer l'univers sonore le réalisateur pourra s'attacher d'abord à tout ce tourne autour de la mise en onde du message transmis par les mots. Bien sûr, le phrasé, les intonations, les silences -dont on néglige bien souvent la force- sont les élements qualitatifs essentiels. Mais la qualité du micro, la bonnette qui diminuera les effets parasites comme les " pop " ou les sifflements, une bonne posture devant le micro, un bon réglage sur la table entre grave-médium-aigu, un choix réfléchi par exemple de réverbération, une bonne " balance " des micros pour adapter les niveaux à l'intensité de la voix seront aussi des éléments déterminants.

Les possibilités d'enrichir l'univers sonore sont vastes. Il faut être suggestif. Les accompagnements sonores pourront être " naturels ", pris sur site ou " artificiels ", pris sur un disque de bruitage ou composés en studio. L'interview dans une menuiserie avec, en fond, un bruit de scie, un commentaire sportif sur des clameurs du public, un reportage dans la campagne avec un bourdonnement d'insecte, un chien qui aboie au loin, un sujet en bord de mer avec le vent, les vagues ou le cliquetis des filins sur un mât, les slogans lors d'une manifestation, autant d'élements qui ajouteront à la crédibilité du propos et feront entrer l'auditeur dans l'univers. Dans ce domaine des émissions comme " là-bas si j'y suis " de Daniel Mermet sont assez exemplaires.

La musique et la chanson joueront un rôle capital dans la ligne mélodique et harmonique de l'émission. Un mauvais choix peut tuer la portée du propos. On déterminera d'abord si un tapis musical (un fond sonore) doit accompagner la parole. Il sera soit totalement neutre, donc plutôt à mélodie répétitive, ou alors très suggestif. Il est évident qu'une musique irlandaise ou chinoise nous propulsera dans un univers géographique et culturel spécifique, qu'Haëndel nous enverra vers une cour d'ancien régime, Glenn Miller vers la Libération, donc que cette musique permettra de placer l'auditeur dans l'espace et le temps. De même on pourra accentuer la tension, l'émotion, l'effet humoristique par une musique appropriée ou décalée.

Il faut se méfier de musiques qui à force d'avoir été trop utilisées feraient tomber tout effet à plat : les compositions de Jean-Michel Jarre ou Mike Oldfield par exemple n'ont-elles pas été trop amplement pillées dans les premières années de la FM par les radios qui ne pouvaient disposer d'un fonds discographique important ?

Quant à la chanson, elle pourra, tout en prenant garde à la redondance, prolonger le propos. Il ne faut pas oublier que l'auditeur a besoin de relâcher parfois son attention. Ce n'est pour autant qu'il faut le déconnecter. Par rapport à toute thématique, on trouvera toujours une palette de chansons s'y rapportant plus ou moins directement. Si l'émission porte sur l'horlogerie, on sélectionnera des chansons qui parlent de temps, d'heures, d'aiguilles. On gagnera souvent en pertinence en ne diffusant pas totalement la chanson mais seulement un passage qui répondra directement à une chute ou enclenchera une relance. On s'apercevra alors que la recherche d'illustration dépasse le simple titre de la chanson pour n'en prendre qu'un aspect. Par exemple, la chanson " Hold-up " de Louis Chédid qui commence par la déclinaison du temps qui passe pendant le hold-up pourra très bien servir pour illustrer notre émission sur l'horlogerie. Une émission d'intérêt informatif moyen peut prendre considérablement de relief grâce à une illustration sonore percutante.

Dans un flash ou un journal, la dynamique viendra de l'habillage sonore. L'insertion de virgules de deux à cinq notes musicales ou la remontée brève et sèche d'un éventuel tapis musical permettront de ponctuer les changements de rubriques, d'informations, de voix....

Enfin, il est nécessaire de comprendre que la réflexion sur l'univers sonore n'est pas indispensable seulement pour la création d'émissions mais qu'il est un élément d'identification de la radio. L'auditeur repére souvent son propre temps sur un balisage fourni par la radio. Le timing des gestes du matin est souvent coordonné par le timing sonore de la radio qu'on écoute. Le carillon ou le générique du flash d'information mettent en éveil. Il est donc important pour la radio de faire connaître son environnement sonore, son habillage d'antenne, sa couleur. Les outils numériques, aujourd'hui, permettent de personnaliser ses créations en exploitant avec la plus grande facilité un large choix d'effets et de gérer facilement en régie des modules sonores hyper-courts. Jingles d'identification, virgules musicales, génériques, messages d'autopromotion d'antenne ne doivent cependant pas trop souvent évoluer. L'auditeur veut retrouver ses marques et la radio doit savoir comment alerter son attention . Enfin, sur un balayage de la bande FM, rien qu'au ton ou à la couleur d'antenne on devrait être capable d'identifier sa radio.... et celles des autres.

 

Le son, un débat technologique

Le son radiophonique doit viser à déclencher chez l'auditeur des émotions. Le choix des éléments en terme de contenu peut être accompagné de choix en termes techniques. Au niveau de la radio en milieu scolaire, il n'est pas nécessaire d'avoir la même réflexion poussée que dans un studio de production musicale où on analysera et travaillera chaque fréquence, chaque piste, avec minutie et intention maîtrisée. Les tenants de l'analogique et du numérique s'opposent. Il semblerait que le développement du numérique, ses performances, la souplesse de gestion des informations ne satisfont pas totalement les puristes du studio qui en attendant de plus amples avancées préfèrent souvent s'en remettre aux outils analogiques. Pour ce qui est de la production radio on peut penser que le numérique est l'orientation la plus intéressante.

 

Comment faire la promotion de mon émission ?

D’abord, elle doit être bien identifiable par son titre, son générique, son thème ou son animateur. Pour faire connaître l’heure de diffusion, on peut avoir recours aux affichettes en ville, dans la cité scolaire, à une valorisation dans la grille de programme distribuée, à l’invitation de la presse locale. Rien n’interdit de faire passer un papier d’information par les élèves, d’avoir les honneurs du journal scolaire s’il existe… Il faudra surtout travailler l’autopromotion à l’antenne sous forme de messages enregistrés courts, incisifs, bien montés et qui seront diffusés régulièrement. Ces petits modules contribuent à l’habillage de l’antenne et à en mettre en exergue la richesse.

 

Quelques exemples de formats : l’action pédagogique crée le contenu de la radio

L’information radiophonique :

Il sera utile de mener une progression liminaire sur l’écriture journalistique en général. On retrouve en radio les mêmes règles qu’en presse écrite, à part qu’on comptera le papier en secondes et que l’écriture devra être conçue pour une oralisation efficace (voir les règles ci-dessus). On fera des exercices sur :

-l’application de la règle des 5 W à partir de dépêches, d’articles de presse ou d’évènements locaux.

- l’éthique du journalisme (limite entre public et privé, la vérification de l’information, la référence aux sources, etc...)

- les différences entre informer, expliquer, commenter (esprit du texte, formulations...)

- la recherche de l’information dans des sources diverses et son classement.

Exemple 1 : le flash

Sur une heure, un groupe d’élèves, consulte les informations du jour ou de l’heure. On retient collectivement les sujets. Sachant que le format du flash est de 1’30 ’’, ne seront retenues que 5 à 10 informations. Certaines seront " développées " en une quinzaine de secondes, d’autres ne feront l’objet que d’une ou deux phrases. Chaque élève reçoit sa dépêche ou son article qu’il lit avant de rédiger selon la longueur déterminée. Il n’hésite pas à demander l’assistance de l’adulte. Un élève travaille à la mise en ordre des infos, autrement dit, établit le conducteur. Il convoque ses camarades à une lecture collective. Le temps est vérifié et ce qui n’est pas clair repart à l’écriture. Une nouvelle vérification est opérée. Chaque élève se met le " texte en bouche ", on fait une simulation pour que chacun sache bien après qui il prend la parole et sur quel micro. Le dernier intervenant signale d’un geste au suivant le passage de " relais " ou la commande est donnée par le relanceur, à condition qu’il connaisse les chutes des textes. Le temps du dernier disque, on " joue " le flash, une dernière fois pour faire monter la pression et la concentration. Ce flash diffusé en direct sera enregistré pour être ensuite critiqué. Les mêmes règles peuvent s’appliquer pour un journal ( 3’ à 6’30’’) sauf qu’il faudra deux heures de préparation ou alors un groupe plus nombreux et deux adultes en encadrement. Le journal est plus intéressant comme exercice dans la mesure où il introduit clairement la structuration en rubriques.

Exemple 2: " le direct-info "

C’est le concept de  " l’info en continu " adapté au milieu scolaire. On se fixe comme règle un minimum d’interventions parlées par heure hors annonce et désannonce du programme musical. Ce programme appliqué sur toutes les heures de la matinée et de l’après-midi, permet de sécuriser les élèves, de stabiliser la programmation, de respecter ses engagements à l’égard de l’auditeur. Sur six ou sept heures, chaque tranche horaire sera prise en charge par un groupe d’élèves différents. lls pourront être volontaires sur des heures d’études ou en atelier. Le conducteur-type doit être respecté. Les élèves se répartissent les tâches: technique, choix des disques, animation, rubriques, infos, réalisation. Il faut aller vite. Dans chaque heure on retrouvera une séquence d’informations locales et communiqués, d’infos spéciales (celles pas trop développées dans les autres médias), un flash. Des rubriques reviendront dans la journée, une ou deux fois à heure fixe: éphéméride, météo, sport, les Unes de la presse locale, les infos scolaires, spectacle, cinéma, télévision.... On arrive ainsi à cinq interventions d’information dans chaque heure. On cherche à introduire deux interviews par téléphone dans la journée, et on n’hésite pas à intervenir pour transmettre les " urgents " à l’antenne. Un travail peut être fait pour que les élèves enrichissent les annonces/désannonces de disques.... et ce n’est pas si simple! Pour encadrer, chaque heure, un groupe de sept à dix élèves, il faut au moins deux adultes. Dans ce format, peuvent aussi entrer des modules intemporels enregistrés par des camarades en studio annexe. Pour sécuriser les élèves et crédibiliser l’information il est souvent souhaitable qu’un adulte soit intégré au conducteur ou simplement à la table des micros, prêt à intervenir. Dans un journal long, il pourra être le relanceur, capable de trouver les liaisons entre les intervenants et d’insuffler du rythme.

Exemple 3 : l’interview

Un genre difficile. En effet la qualité de l’interviewer et la bonne préparation peuvent se heurter à un " mauvais interlocuteur ": celui qui détourne les questions, ne les comprend pas, n’a rien à dire, donne des réponses trop sèches ou interminables, prend la direction des opérations, veut lire un texte préparé, s’exprime avec difficultés ou au contraire un langage inaccessible pour l’auditeur.... Bref, l’interview en direct est toujours risqué, car il faut savoir s’adapter. La présence d’un adulte " en secours " est utile.

Il faut trouver le thème, puis prendre contact avec celui que l’on souhaite interroger. On convient d’un rendez-vous. On doit s’informer sur le sujet, préparer une série de questions (en pensant aux 5W), rédiger un chapeau pour présenter le thème et l’identité de l’interlocuteur, rédiger le mot de conclusion et de remerciement. Il sera bon d’initier l’élève à la notion de question ouverte / question fermée. Souvent on commencera et terminera par une question fermée et le corps de l’entretien sera composé de questions ouvertes. La difficulté de l’exercice vient du fait que l’élève est naturellement très concentré sur son questionnement et qu’il n’écoute pas suffisamment les réponses. Il est ainsi couramment piégé par l’interlocuteur qui anticipe ses questions. C’est donc cette capacité d’écoute, de dialogue, d’adaptation qu’il faudra développer chez l’élève. Ce n’est pas simple. C’est pourquoi, il y aura souvent avantage pour l’élève à s’entretenir préalablement hors antenne avec son invité pour lui communiquer son plan d’interview. Si on ne travaille pas en direct, le montage peut camoufler les imperfections.

Exemple 4 : l’ hebdo-collège

Une formule intéressante car elle s’inscrit dans les cours et concerne tous les élèves du collège. Chaque semaine, sur une heure de français, une classe entière vient présenter son hebdo d’actualités.

Le planning de rotation des classes est élaboré. On donne pour consigne à chaque élève de relever, dans les six jours précédant le jour de programmation, un fait d’actualité générale ou locale, de le développer en 30 secondes, puis d’expliquer son choix en une dizaine de secondes. Une fiche de préparation méthodique est donnée à l’éléve (les sources, rubrique, 5W....). Le professeur de français réserve une heure à la préparation: recensement des sujets choisis, annulation des doublons, recherche documentaire, écriture, prononciations....

Le jour de l’émission, l’animateur de la radio (ou le professeur), établit le conducteur en organisant le passage au micro selon la logique des rubriques. Ayant repéré les prénoms des élèves et le thème de leur intervention, il pourra assurer la relance et la distribution de parole. Il se réserve la possibilité de poser une question à l’élève en fin de présentation pour le mettre en situation d’improvisation.

C’est une émission passionnante car elle révèle, dans une forme très dynamique, les centres d’intérêts des élèves sur l’actualité. Pour chaque élève, c’est un exercice complet. Le professeur peut évaluer le travail sur quatre points : la recherche, la qualité de l’écriture, la diction, l’aisance. La note entre dans la moyenne trimestrielle.

Autres formats

Exemple 1 : une mise en onde de roman

" Bel Ami " de Maupassant a été mis en onde par une classe de 3ème sous forme d’un feuilleton radiophonique en 18 épisodes de 5 à 6 minutes. Ce travail impliquait pour chaque élève, la lecture globale, puis un travail dans un groupe sur deux parties du roman, ce qui menait au conducteur suivant, élaboré avec les élèves y compris pour la partie musicale :

- générique: chanson  " Bel Ami " (Eva Busch)

- tapis musical: " Mouvement perpétuel " de Yohann Strauss

- rappel de la situation à l’épisode précédent

- narration des faits dans l’ordre chronologique pouvant intégrer des dialogues

- musique de transition: toujours Yohann Strauss sur un rythme adapté à l’ambiance

- commentaires sur un thème, un personnage, sur l’ascension sociale, sur les sentiments

à l’égard de Duroy

- musique de transition et tapis final

- situation finale, question, inquiétude, mise en perspective pour le prochain rendez-vous

Une telle émission ne peut se faire sans risque en direct. On choisira plutôt l’enregistrement in extenso sans recours au montage, quitte à faire plusieurs prises. Chaque élève aura donc lu, analysé, réfléchi, synthétisé, écrit, lu ou joué son texte au micro....exercice complet....émission intéressante pour l’auditeur !

Exemple 2 : une création " C’était Brassens "

Les objectifs sont de :

- découvrir un auteur, un interprète, un homme témoin d’une partie du siècle, une oeuvre

inspirée de la vie, une écriture osée, un " anarchiste ".

- voir comment s’articulent vécu et écriture

- analyser des chansons : intentions, poids des mots, chocs des images

- réaliser une production radiophonique liant la chanson, le vécu de l’homme, les sources

d’inspiration, et jouant sur une meilleure lisibilité des textes par l’auditeur.

La lecture suivie de " Brassens, histoire d’une vie " (Marc Robine, Thierry Séchan) permet de bien connaître le personnage. Des textes de chansons (sans aucune censure) bruts ou avec commentaires sont mis à disposition des élèves. Travail de synthèse sur la biographie, travail d’analyse sur les textes conduisent à la production de 18 émissions de 12 à 15 minutes selon ce conducteur-type:

- Générique : " les copains d’abord ", version musicale

- Présentation de l’émission : toujours le même texte

- Aujourd’hui : le sommaire détaillé de l’émission du jour

- tapis musical : une chanson de Brassens en version guitare

- Brassens, tranche de vie : une partie de la vie de Brassens

- Une chanson

- désannonce de la chanson avec sa date, présentation des intervenants suivant et du texte

qu’ils vont présenter

- lecture intégrale du texte d’une chanson

- commentaire complet sur la chanson : inspiration, les mots, les tournures, construction,

type, ton, etc...

- la chanson interprétée par Brassens

- générique final avec annonce du contenu de l’émission suivante

Exemple 3 : le jeu

Le midi, il peut être raisonnable de donner un côté plus ludique à la radio. Une émission de jeu opposant deux équipes soutenues par un public a donc toute sa place. Il faut que ces jeux soient rapides et variés. On présentera deux exemples :

- Une énigme assez complexe à résoudre: chaque équipe délègue son enquêteur qui doit trouver la réponse dans l’établissement en faisant des recherches rapides au CDI, en interrogeant le personnel, en utilisant le téléphone, le jeu consistant à rapporter la réponse en premier. Ca permet de faire participer la communauté scolaire.

- Les sept erreurs: on lit une dépêche ou un article de presse du jour. Puis on relit le même texte dans lequel on a modifié sept mots. Il faut les retrouver. Ca peut être drôle, ça développe l’écoute, ça peut permettre de commenter un fait, l’auditeur joue aussi chez lui.

Si des élèves sont prêts à jouer beaucoup aussi souhaitent co-animer l’émission ou participer à la préparation des jeux.

Une organisation, une équipe

L’équipe de direction doit être très rigoureuse et ne pas compter ses heures. Elle doit veiller au respect de l’action pédagogique définie par le projet d’établissement et à son évaluation: c’est un travail d’enseignant. Elle doit assurer la gestion des dossiers administratifs, de la comptabilité, des personnels, les relations extérieures, le suivi au quotidien de ce qui se fait: c’est un travail de  " chef d’entreprise ". Elle doit travailler sur des projets de développement: c’est du militantisme associatif.

Une bonne entente et surtout une grande confiance doivent régner entre le président du FSE, si l’association est titulaire de la fréquence, responsable juridique, le chef d’établissement qui est responsable de tout ce qui se fait à l’intérieur de ses bâtiments et l’équipe responsable de la radio qui pour gérer une structure qui tourne sans interruption doit prendre des décisions rapides et veiller à ce que rien n’entrave sa stratégie de développement.

La radio, sauf si elle n’affiche ni ambition de développement ni volonté innovatrice, de par son cahier des charges, sa double tutelle (CSA- Education Nationale), son important budget qui lui donne les moyens de son autonomie, aura vite un rythme et un mode de travail " d’entreprise privée " qui ne pourra pas toujours s’accommoder de toutes les lourdeurs administratives propres à l’Institution. Il faudra donc imaginer et construire le meilleur modus-vivendi au sein de l’établissement pour que l’information circule, les discussions s’instaurent, les décisions se prennent, les résultats et évaluations soient connus et commentés, pour que toute réunion, du Conseil d’Etablissement aux conseils d’enseignements, soit l’occasion d’évoquer la vie de la radio, ses projets, ses réussites, ses doutes, ses échecs, d’inviter chacun à s’intéresser à l’outil ou à l’utiliser selon son statut. Cependant il faudra trouver le bon équilibre entre " en parler trop " et " ne pas en parler assez ". Ce n’est pas simple, car si la radio a ses adeptes et défenseurs convaincus, comme toute innovation pédagogique, elle aura aussi quelques détracteurs, souvent clandestins, indisposés par l’agitation autour de l’outil et les réussites. Mais la plus grande part de l’équipe pédagogique affichera, par prudence, une certaine réserve, afin de ne pas avoir à s’investir trop lourdement tout en gardant la possibilité de travailler ponctuellement avec l’outil ou de répondre positivement dés qu’une proposition d’action " clé en main " venant de la radio leur sera faite. Le lien, le point de reconnaissance entre tous, la référence qui rend les débats transparents, c’est le projet d’établissement. La radio doit y prendre toute sa place pour son action générale, mais en s’inscrivant aussi comme instrument dans les autres volets. D e toute façon, quoiqu’on fasse, elle sera considérée comme " un état dans l’état ".

Les permanents salariés, sur des contrats en rapport avec les finances de la radio, doivent aussi inscrire leur action dans le cadre des missions énoncées par le projet d’établissement et l’accomplissement du cahier de charges. Les critères généraux de recrutement, en dehors d’une expérience en matière de pédagogie, d’animation socio-culturelle ou de radio locale, peuvent porter sur l’envie de travailler avec des enfants, la culture générale, l’intérêt pour le milieu local ou l’actualité, l’esprit d’initiative, le sens de l’organisation, la disponibilité et la confiance sur l’assiduité. Ce n’est pas toujours très simple surtout sur des bassins de population ruraux. Comme les enseignants assurent le fonctionnement de la radio en plus de leur service d’enseignement complet, ils ne sont donc pas disponibles pour un encadrement permanent des élèves en radio. Le suivi dans cette tâche incombe donc aux permanents.

Le premier poste à créer est celui d’un technicien de régie qui initiera les élèves, les conseillera, pourra assister aussi les enseignants demandeurs et veillera aux flux : c’est le minimum. La configuration idéale en encadrement est d’au moins 180 heures par semaine. En effet, il faut être capable de diversifier les ateliers pour répondre aux attentes des élèves, du projet d’établissement et de la programmation radiophonique. Les profils de postes utiles sont donc divers: accueil, formation, assistance d’élèves en information locale, en information générale, accueil, formation et assistance technique en régie, ateliers de création en écriture et lecture, ateliers de remédiation ou consolidation, coordination avec l’équipe éducative, animation et journalisme.....et encore si on part du principe que le gestion et la maintenance technique sont assurées bénévolement. Il faut structurer clairement les services et les missions. La création des postes d’aide-éducateur sur emploi-jeune avec la stabilisation sur plusieurs années peut permettre de satisfaire en partie les besoins et ouvre d’intéressantes perspectives.

Les élèves sont au centre du projet: ils doivent en être à la fois les bénéficiaires et les acteurs. On repère plusieurs formes d’intégration: les volontaires sur les heures libres, les volontaires du midi, ceux qui feront du direct et ceux qui feront de la production, les élèves ou les classes entières dans le cadre d’un cours ou d’une action transdisciplinaire, les élèves dépistés pris en charge pour de la consolidation, les élèves bénevoles en dehors des heures de fonctionnement de l’établissement. Il peut être envisagé d’installer un conseil dans lequel les élèves pourraient apporter des avis sur le fonctionnement de la radio.

Des bénévoles extérieurs, individus, parents, anciens élèves, représentants d’associations peuvent intervenir dans le radio sur les temps non-scolaires.

Des relations avec les associations, collectivités locales sont souhaitables pour la reconnaissance de la radio dans son milieu.

Quelque soit la composition de l’équipe, en cas de défaut d’instances de décision multipartites, il faudra savoir faire circuler l’information.

Quelques obligations

Toute radio se doit de respecter des principes de déontologie. Le traitement de faits divers locaux surtout en zone rurale doit être abordé avec précaution et les élèves doivent être sensibilisés à la responsabilité et à la réserve sur la divulgation de noms et de faits. Il faut se méfier de dérives en langage ou de dérapages dans les discours. Les risques sont plus importants avec des lycéens qu’avec des collégiens.

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel oblige les radios à enregistrer et stocker deux semaines de programme complet. Il veut se donner ainsi les moyens de vérifier si la radio applique bien son cahier des charges. Ce qu’on appelle communément " le mouchard " peut être simplement constitué de magnétoscopes à vitesse lente. Cette contrainte administrative a l’avantage de garder la mémoire de l’antenne et en cas de plaintes d’auditeurs de servir de témoin.

La radio devra fournir chaque année au CSA un bilan succinct sur l’application de ses obligations et des éléments comptables.

Pour bénéficier de l’aide annuelle du Fonds de Soutien à l’Expression Radiophonique (Ministère de la Culture et de la Communication), la radio doit déposer son dossier de demande avant fin Avril. En dehors de sa comptabilité certifiée par un expert comptable, de la grille de programme, d’informations sur les changements dans l’association, de la liste du personnel certifiée par la DADS, du détail des comptes de produit qui établira l’assiette déterminant la subvention, la radio doit fournir une note d’activité insistant sur les efforts pour diversifier les ressources, former les personnels, mener une action éducative et culturelle, agir en communication de proximité ou pour l’intégration. Sur ces critères une bonification peut être accordée par la Commission. Ce dossier demande beaucoup de soin. La subvention annuelle maximale, hors bonification, atteint 200 000 F.

La radio utilisant des disques elle doit s’acquitter de redevances. Une convention doit être signée avec la Sacem et la Spre. La radio fournit annuellement à la Sacem (pour les auteurs) une déclaration de charges dont certaines sont déductibles. La redevance correspond à 5% de l’assiette, mais un minimum de l’ordre de 3000 F sera dans tous les cas à verser. La SPRE, Société Civile pour la Perception de la Rémunération Equitable collecte ce qu’on appelle les Droits Voisins qui doivent rémunérer les artistes-interprètes et les producteurs de phonogrammes. Il faut fournir, cette fois, le compte des produits radiophoniques. La redevance correspond à 1,5% d’un décompte, avec un minimum annuel à verser de 1500 F.

La radio deviendra employeur. A ce titre elle doit obeir aux mêmes dispositions légales que toute autre entreprise privée. Immatriculation à l’Urssaf, attribution d’un numéro Siret et d’un code APE, respect du Code du Travail, des Conventions Collectives (animation socio-culturelle, radios locales ou journalisme), établissement de bulletins de salaires (des logiciels facilitent ce travail), respect de procédures en embauche et en fin de contrat, Assedic, caisse de retraite complémentaire, impôts, formation,....... bref tout un monde qu’ignore peu ou prou tout salarié fonctionnaire de l’Education Nationale. Se glisser du jour au lendemain, sans formation, dans une peau de patron rigoureux n’est pas simple et l’achat d’un " Guide juridique pour associations " est le minimum qui évitera -peut-être- d’avoir toute déconvenue avec la loi, les administrations, l’Urssaf, les prudhommes, etc....

L’employeur à petit budget doit aussi s’informer de tous les dispositifs d’aide à l’emploi auprès de l’ANPE, de la Direction Départementale de Travail: par Convention il est possible d’embaucher, entre autres dispositifs, sur Contrat Emploi Solidarité, Contrat Emploi Consolidé, Emploi-Jeune, Contrat de Qualification. Les élèves, la radio, l’établissement scolaire tireront bénéfice de cet encadrement salarié mais en échange il faut s’imposer l’obligation morale de founir toutes les chances de formation, qualification, insertion sociale ou professionnelle au personnel recruté.

 

Les collaborations diverses

Les fédérations de radios

Il est fortement conseillé de se rapprocher des autres radios associatives. Il existe de nombreuses fédérations régionales. La syndication des moyens techniques, des compétences, les dépannages, les animations collectives, les recherches en commun de partenariats financiers, des échanges d’émissions, de reportages, de conseils ne peuvent être que positifs.

Le CNRA (Conseil National des Radios Associatives) rassemble des fédérations régionales. La CNRL (Confédération Nationale de Radios Libres) regroupe des radios signataires d’une charte fortement axée sur les droits de l’homme. Son mensuel " Fréquences-Libres " est un utile journal d’informations pratiques. " Vive la radio " rassemble tous les types d’opérateurs radio.

Des fédérations thématiques existent. La Ferarock qui regroupe les radios " rock " pourrait intéresser des radios de lycées. L’ANAREMS, Association Nationale des Ateliers et Radios en Milieu Scolaire fédère une partie des radios en milieu scolaire et des ateliers et organise chaque année des Rencontres invitant à la fois les enseignants et des élèves.

Les financements complémentaires

La radio, en fonction de son niveau de reconnaissance, peut prétendre à des subventions de Municipalités , de Communautés de Communes, du Département, de la Région, de certains Ministères ou Directions Départementales sur des opérations spéciales. Elle peut éventuellement être concernée par des programmes européens.

Elle peut vendre de l’espace pour de l’information d’intérêt collectif, ou même, à condition d’avoir bien réfléchi à toutes les incidences en terme de déontologie ou de contraintes, pour de la publicité locale. La loi en effet autorise les radios non commerciales à faire de la publicité jusqu’à concurrence de 20% de leur compte de produit.

Sinon la radio peut proposer ses services pour des prestations diverses: formation, soirée dansante, sonorisation et animation de manifestations, location d’équipements, radio temporaire......

Les banques de programme

Dans les quinze dernières années la concurrence a été rude entre les services qui proposaient un programme de musique et d’informations par satellite. Il en reste peu. Ces programmes permettent de compléter le temps d’antenne et donc d’émettre du programme 24 heures / 24. Un système de topage permet de diffuser automatiquement dans le programme, l’identification de la radio et des modules sonores calibrés enregistrés sur K7, CD ou disque-dur. La signature d’un contrat, le réglement d’un abonnement mensuel, l’accord du CSA sont nécessaires. Radio France sous le nom de Programme-Sophia et l’AFP-Audio proposent deux services comparables en forme et qualité. RFI et Fréquences-Libres (sur TPS) proposent des possibilités différentes.

L’EPRA (Echanges et Productions RAdiophoniques) achète des émissions souvent intéressantes centrées sur l’intégration et le pluri-culturel, réalisées par RFI ou les radios abonnées. On peut les recevoir par satellite ou sur K7.

Beaucoup de producteurs indépendants et d’organismes associatifs ou commerciaux cherchent aussi à faire diffuser leurs productions. Les intentions sont multiples, de la création pure, à la publicité déguisée en passant par les messages d’intérêt collectif. Il faut donc être très sélectif d’autant plus que les qualités sont inégales. N’oublions pas que tous ces éléments qui complètent l’antenne n’appartiennent pas au programme propre.

 

Les fournisseurs techniques

Pour les découvrir, le mieux est de s’adresser à une radio voisine ou à la fédération de radios associatives de votre région. De plus comme le néophyte connaît peu de choses sur les normes et performances techniques, il devra se faire conseiller. Parfois une radio à plus gros budget profitera de l’opportunité de vous vendre le matériel d’occasion dont vous avez besoin pour réaliser son propre invetissement sur du nouveau matériel. Il existe par minitel des possibilités d’acquérir du matériel d’occasion. Mais attention aux vieux coucous !!

Il existe une dizaine de fournisseurs spécialisés en matériel radio: sites d’émission complets ou éléments. Il faut être vigilant aux conditions d’installation, de garanties et de suivi des pièces détachées. Pour les équipements de studio les premiers prix seront en grande surface, mais il est raisonnable pour les micros et la table de mixage de s’adresser au magasin spécialisé de votre département.

 

La formation

Le CLEMI peut assurer les formations dans le cadre de stages d’établissements pour les enseignants. En une semaine il est possible d’aborder par l’observation, l’analyse, la mise en situation, la plupart des aspects essentiels : réflexion pédagogique sur l’outil, pratique technique, programmation, animation, traitement de l’information, travail sur les spécificités du projet de l’établissement.

Il appartiendra à l’équipe enseignante d’assurer auprès du personnel la formation à la pédagogie.

Des organismes de formation peuvent accueillir le personnel en CES, CEC, Emploi-Jeune ou Contrat de Qualification. En journalisme, le CFPJ de Montpellier est un centre de formation de haut niveau, et pour la technique, l’animation, la gestion et aussi le journalisme on peut citer, par exemple, Média-Communication à Montreuil sans oublier les stages organisés par les Fédérations.

Les visites ou des stages dans les radios expérimentées, la consultation des publications du CLEMI, de l’Anarems ou des fédérations peuvent être utiles.  Rien pourtant ne sera plus important que la réflexion sur son projet. En effet l’extrême diversité des radios en milieu scolaire existantes laisse à penser qu’un vaste champ de recherche et d’innovation est encore ouvert à ceux qui veulent se lancer dans l’aventure. Le clônage total n’est pas possible. Et de plus serait-ce vraiment souhaitable?

 


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